Françoise L MEYER psychanalyste Paris

http://francoise-l-meyer.monsite-orange.fr

suivre sur orange

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Zone frère une clinique du déplacement

L’institution 

dans tous ses états

séminaire

programme

 2015-2016

Notre travail est orienté par ce qui fait lien entre les sujets et notamment dans les institutions.

La psychanalyse participe de nos références sans exclure les autres discours.

Nous accueillons des invités qui viennent exposer leur travail clinique et leurs réflexions

dans et autour des institutions

ce séminaire se veut un lieu d’échange et de recherche

animé par

 Pierre GORCE, psychiatre en secteur de psychiatrie adulte

et

Françoise L. MEYER, clinicienne en secteur de pédopsychiatrie, psychanalyste à Paris.

Le séminaire se tient tous les 4° jeudi du mois

(en dehors des vacances scolaires parisiennes )

21h

Capture d’écran 2016-04-07 à 23.56.51

26 novembre 15, 28 janvier, 24 mars, 26 mai, 23 juin

jeudi 26 mai 16

21 h

Hopital Maison Blanche

26, rue d’Hauteville

75 010

Capture d’écran 2016-04-07 à 23.56.51

Patricia Janody

autour de son ouvrage

Zone frère

une clinique du déplacement

présenté par Pierre Gorce et Françoise L Meyer

«J’aurai cette prétention : écrire ici quelque chose à propos de mon frère, car c’est déjà, si peu que ce soit, ébrécher ce discours qui réduit chaque fou à son étiquette diagnostique et qui, sans vergogne, se démultiplie frénétiquement.»

Psychiatre, et psychanalyste,  Patricia Janody est sollicitée par Hamidou et Hawa au sujet de leur frère enfermé dans la maison familiale, en Mauritanie. La sorte de journal qu’elle se met à tenir et le voyage qu’elle entreprend avec eux font entrer en résonance son expérience professionnelle et son histoire personnelle.

S’invente ici une écriture, qui mêle étroitement l’intime et la théorie, le proche et le lointain, la chronique et les notations cliniques, et qui interroge, ce faisant, le mythe de fondation de la psychiatrie.

http://www.epel-edition.com/publication/269/zone-frere.html

et

la présentation du n°6 des

Nouveaux cahiers de la folie

par

Isabelle Châtelet, Patricia Janody,

Sylvain Maubrun. 

N° 6

http://les nouveauxcahierspourlafolie.uniblog.fr

Hopital Maison Blanche

26, rue d’Hauteville

75 010

23 juin 

Pierre Gorce et Françoise L Meyer

Informations

Pierre Gorce : 01 40 22 13 28

Françoise L. Meyer : 06 11 62 60 00

Participation non obligatoire

6 €uro

L’institution dans tous ses états 28 janvier 16

L’institution 

dans tous ses états

séminaire

programme

 2015-2016

Notre travail est orienté par ce qui fait lien entre les sujets et notamment dans les institutions.

La psychanalyse participe de nos références sans exclure les autres discours.

Nous accueillons des invités qui viennent exposer leur travail clinique et leurs réflexions

dans et autour des institutions

ce séminaire se veut un lieu d’échange et de recherche

animé par

 Pierre GORCE, psychiatre en secteur de psychiatrie adulte

et

Françoise L. MEYER, clinicienne en secteur de pédopsychiatrie, psychanalyste à Paris.

Le séminaire se tient tous les 4° jeudi du mois

(en dehors des vacances scolaires parisiennes )

21h

26 novembre 15, 28 janvier, 24 mars, 26 mai, 23 juin

jeudi 28 janvier 16

21 h

Hopital Maison Blanche

26, rue d’Hauteville

75 010

autour des soins intensifs à l’hopital

l’association AML

http://rea-psy.com/aml/index.php

Hélène C. Priest, psychologue clinicienne, psychanalyste,

présidente d’AML

soins intensifs

Isabelle Besançon, psychologue, clinicienne d’AML,

équipe mobile d’accompagnement à l’hôpital d’Argenteuil, Val d’Oise.

Dr Joseph Gazengel, neurologue, psychanalyste,

coordinateur groupe clinique d’AML,

auteur de

Vivre en réanimation, Lazare ou le prix à

payer,

l’Harmattan, 2000

Jouissances, du sein au meurtre,

l’Harmattan, 2014.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result

Claudine Korenbaum Bouysse, stagiaire en réanimation

à l’hôpital Cochin, Paris ,

DU Ethique, esthétique et dignité humaine.

L’Association pour le Maintien du Lien psychique en soins intensifs (AML), née de la rencontre entre un chirurgien et une psychanalyste promeut et soutient la nécessité d’une écoute psychanalytique à l’hôpital, dans les services de réanimation.

Il s’agit, en la personne d’un psychologue clinicien, d’offrir un espace de paroles, paroles entendues, paroles offertes, qui ouvre au malade dans son lit, quelle que soit sa misère et son état, un lieu psychanalytique. Par sa seule présence attentive et ouverte, ce psychologue clinicien va occuper cette place invraisemblable de celui qui est là, simplement pour être là, pour penser la place, la souffrance, les éprouvés de chacun : les soignants, les soignés et leur famille.

 Lors de la dernière journée d’étude d’AML, Les corps en réanimation,  nous avons fait une large part à la manière dont les équipes médicales et soignantes s’accordent pour que le soin du corps malade soit aussi un soin psychique. Dans ces unités où chacun s’affaire, la présence du psychologue clinicien fait signe au temps pour penser et mettre en mots, ce qui se joue là de mort et de vie retrouvée.

Tandis que les soignants invoquent l’humanité de leur approche, que les médecins se préoccupent de l’éthique du soin, qu’est ce qui guide les psychologues, quel désir les anime ? Nous avons appris combien la rêverie, la fantaisie sont essentielles au clinicien d’AML afin de parvenir à adresser à chacun sa parole avec des mots vivants et plein « d’humanitude ».

Hélène Priest.

24 mars

Guy Rousseau, psychanalyste

«

«D’un lieu pour dire dans l’histoire du mouvement de psychothérapie institutionnelle.»

26 mai

Patricia Janody

autour de son ouvrage

Zone frère

une clinique du déplacement

http://www.epel-edition.com/publication/269/zone-frere.html

et du n°6 des

Nouveaux cahiers de la folie

23 juin 

à préciser

Informations

Pierre Gorce : 01 40 22 13 28

Françoise L. Meyer : 06 11 62 60 00

Participation non obligatoire

6 €uro

L’institution dans tous ses états

L’institution dans tous ses états
séminaire

programme
2015-2016

Notre travail est orienté par ce qui fait lien entre les sujets et notamment dans les institutions.
La psychanalyse participe de nos références sans exclure les autres discours.
Nous accueillons des invités qui viennent exposer leur travail clinique et leurs réflexions
dans et autour des institutions

ce séminaire se veut un lieu d’échange et de recherche

animé par
 Pierre GORCE, psychiatre en secteur de psychiatrie adulte
et
Françoise L. MEYER, clinicienne en secteur de pédopsychiatrie, psychanalyste à Paris.

Le séminaire se tient tous les 4° jeudi du mois
(en dehors des vacances scolaires parisiennes)
21h

26 novembre 15,
28 janvier, 24 mars, 26 mai, 23 juin

jeudi 26 novembre 15,
21 h

Hopital Maison Blanche
26, rue d’Hauteville
75 010 Paris

Pierre Gorce et Françoise Meyer reprendrons leurs réflexions autour de la médiation « artistique » et son rapport notamment aux personnes souffrant de psychoses.
Nous apporterons quelques pistes pour une articulation entre la clinique de la médiation et la théorie psychanalytique.

28 janvier

autour des soins intensifs à l’hopital

Hélène Priest, psychologue, psychanalyste
Isabelle Besançon, psychologue, hôpital d’Argenteuil (95)
Joseph Gazengel, neurologue, psychanalyste
Claudine Korenbaum-Bouysse, stagiaire en réanimation à l’hôpital Cochin.

de l’association AML
http://rea-psy.com/aml/index.php

autour des soins intensifs à l’hopital

24 mars

Guy Rousseau, psychanalyste
«
«D’un lieu pour dire dans l’histoire du mouvement de psychothérapie institutionnelle.»


26 mai

Patricia Janody
autour de son ouvrage
Zone frère
une clinique du déplacement

http://www.epel-edition.com/publication/269/zone-frere.html
et du n°6 des
Nouveaux cahiers de la folie

23 juin
à préciser


Informations
Pierre Gorce : 01 40 22 13 28
Françoise L. Meyer : 06 11 62 60 00

Participation non obligatoire
6 €uro

L’institution dans tous ses états 2014-2015

L’institution dans tous ses états

Séminaire 2014-2015

Notre travail est orienté par ce qui fait lien entre les sujets et particulièrement dans les institutions.
L’institution comme discours ou comme espace de discours est mise à la question dans le champ de la psychanalyse, mais pas seulement.
Les différentes expériences et les divers travaux qui sont présentés ne sont pas sans remettre sur le métier le concept de transfert et sans interroger
les « associations » de psychanalystes.
Nous envisageons d’accueillir les réflexions qui concernent tout type d’institutions.
Dans cette perspective, des invités nous font
l’amitié de leur présence.

Ce séminaire se veut un lieu d’échange et de recherche.
Animé par Pierre GORCE, psychiatre en secteur de psychiatrie adulte et
Françoise L. MEYER psychanalyste à Paris et en secteur de pédopsychiatrie

le séminaire se tient tous les 4ème jeudis du mois
(en dehors des vacances scolaires parisiennes)

4° jeudi du mois.
(en dehors des vacances scolaires parisiennes).

27 novembre 14,

22 janvier 15, 26 mars 15, 28 mai 15, 25 juin 15.

21 h.

PROGRAMME

 

27 novembre 2014

Jean-Jacques Bonamour du Tartre

Psychiatre-psychanalyste

présentera le travail qui s’effectue à l’unité de jour de Saint-Germain-en-Laye (78)
à partir d’un documentaire d’Elisabeth Kapnist

LA VIE EN VRAC

(version 45 mn)
http://www.docsurgrandecran.fr/film/vie-en-vrac

vie-en-vrac

 

Hôpital Maison Blanche
6-10, rue Pierre Bayle
75 020 PARIS 

21 h

 

22 janvier

Patrick Coupechoux

journaliste
viendra débattre avec nous autour du statut de « la folie » dans notre société et de la place des personnes souffrant de psychose.
il nous parlera notamment de son ouvrage :

Un homme comme vous

essai sur l’humanité de la folie

http://www.seuil.com/livre-9782021053784.htm

Hôpital Maison Blanche
26, rue d’Hauteville
Paris 10°
21 h

 

26 mars 2015

Pierre Gorce et Françoise L. Meyer

remettrons au travail les questions du transfert et de l’institution.

Hôpital Maison Blanche
26, rue d’Hauteville
Paris 10°

 

28 mai 2015

Jean-Louis Aguilar

infirmier à l’hopital de Béziers (34)
praticien en art-thérapie,
médiation corporelle et relaxation
Présentera son travail clinique et théorique de la thérapie dans son rapport à l’art.

 

25 juin 2015

Pierre Gorce et Françoise Meyer

Hôpital Maison Blanche
26, rue d’Hauteville
Paris 10°

 

 

information :
Pierre Gorce : 01 4022 1328
Françoise L Meyer : 06 1162 6000

participation
6 €uro
non obligatoire

LES ENFANTS DE LA ROSE VERTE. 26 juin 2014

L’INSTITUTION 

DANS TOUS SES ETATS

Séminaire – 2013-2014

28 novembre, 23 janvier, 27 mars, 22 mai,26 juin.

21 h.

accueil 20 h 45.

Notre travail est orienté par ce qui fait lien entre les sujets et particulièrement dans les institutions.

L’institution comme discours ou comme espace de discours est mise à la question dans le champ de la psychanalyse, mais pas seulement.

Les différentes expériences et les divers travaux qui sont présentés ne sont pas sans remettre sur le métier le concept de transfert et sans interroger les « associations » de psychanalystes.

Nous envisageons d’accueillir les réflexions qui concernent tout type d’institutions. Dans cette perspective, des invités nous font

l’amitié de leur présence.

Ce séminaire se veut un lieu d’échange et de recherche.

Animé par Pierre GORCE, psychiatre en secteur de psychiatrie adulte et

Françoise L. MEYER psychanalyste à Paris et en secteur de pédopsychiatrie

le séminaire se tient tous les 4ème jeudis du mois

(en dehors des vacances scolaires parisiennes)

21h

accueil 20 H 45

ATTENTION AU LIEU

hôpital Maison Blanche

6-10, rue Pierre Bayle

75 020 PARIS

26 juin 2014

Nous avons le plaisir d’accueillir

Bernard RICHARD

réalisateur

(solstice, E.T. Enfant de troupes)

et son dernier film

Les enfants de la Rose verte

http://www.lesenfantsdelaroseverte.lecarnetrouge.fr

Un document sur le traitement des enfants et des adolescents autistes

Qui soigne-t-on, que soigne-t-on, comment ça soigne ?

Comment communique-t-on avec des enfants qui ne parlent pas ou peu, qui semblent indifférents à la relation humaine quelle qu’elle soit ?

Comment l’enfant autiste peut-il sortir de sa bulle ? Comment les parents vivent-ils la souffrance de leur enfant et la thérapie au long cours dont il bénéficie ?

Dans un hôpital de jour d’un secteur de pédopsychiatrie, nous avons filmé librement et longuement les enfants et leurs soignants dans toutes leurs activités thérapeutiques et éducatives.

Ce film répond de façon concrète et non polémique aux campagnes anti-psychothérapie institutionnelle des lobbies ultra-libéraux et comportementalistes.

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=YNuJ8Dl8iLs

Participation 10 euro 

informations

Pierre Gorce : 01 4022 1328

Françoise Meyer : 06 1162 6000

 

L’institution dans tous ses états 22 Mai 2014

2709Blandine PONET

http://www.editions-eres.com/parutions-auteurs/1270-blandine-ponet.htm

Comment répondre de la rencontre avec les patients psychotiques ?
Comment soutenir la brutalité de cette mise à nu que provoque la confrontation avec la psychose ?
Il a fallu trouver des mots qui soient habitables pour les uns (soignés) et pour l’autre (soignante) et essayer de trouver l’écriture qui raconte et les patients et les collègues et la psychiatrie.
Tenter d’approcher la poésie pour dire ce monde-là.
Blandine Ponet

Que prête-t-on à l’autre ? COLLOQUE BREIL-s/ROYA 1ER JUIN 2013

2èmeColloque 

de psychiatrie et de psychologie

 de Breil-sur-Roya 

Co-organisé par

le Département de Psychologie de l’Université  de

Nice Sophia-Antipolis (UNS)

et le Centre hospitalier de Breil/Roya

Samedi 1er juin 2013

Françoise L. MEYER

Paris

Que prête-t-on à l’autre ?

 

A l’écoute de collègues venant parler de leur travail en institution dans le cadre d’un séminaire que je co-anime avec Pierre Gorce, m’est revenue cette question : que prête-t-on à l’autre ?

Ce titre sous-entend aussi bien ce qu’on met à la disposition de l’autre que ce qu’on lui prête, comme intention, ce qu’on s’imagine de sa pensée, ceci particulièrement dans un espace institutionnel.

Que nous dit Le petit Robert du verbe prêter ? i

« I – Prêter, verbe transitif direct.

s1° mettre (quelque chose) à la disposition de quelqu’un pour un temps déterminé. « pourvu que Dieu lui prête vie »(La Fontaine). « Dieu nous prête un moment les prés et les fontaines (Hugo).

Prêter son aide, son appui, son assistance, son concours.

(complément) abstrait, sans article) Prêter assistance, main-forte, secours. Prêter asile. Prêter attention : porter son attention à . Prêter serment. – Prêter la main, les mains à quelque chose, quelqu’un : aider. Prêter sa voix à : parler pour. Prêter l’oreille : essayer d’entendre, écouter.

La forme pronominale. SE PRÊTER À : consentir à, supporter. « Jacques s’était prêté à cette espièglerie (DIDIER). Se prêter à une intrigue – figuré Pouvoir s’adapter à.

s 2° Fournir (une chose) à condition qu’elle sera rendue. Prêter des livres. Prêter de l’argent.

s 3° Attribuer ou proposer d’attribuer (un caractère, un acte) à quelqu’un. On me prête des propos que je n’ai jamais tenus. – Prêter de l’importance à quelque chose. PROVERBE on ne prête qu’aux riches : les caractères, les actions que l’on attribue à quelqu’un sont fondés sur sa réputation.

s verbe transitif indirect. PRÊTER À : donner matière à. Prêter aux commentaires, à la critique. Prêter à équivoque. – Prêter à rire.

II – verbe intransitif. Pouvoir s’étirer, s’étendre (se dit d’un tissu, d’une peau non élastique). Etoffe, tissu qui prête à l’usage. »

On peut prêter à l’autre ou se prêter à son jeu ou encore lui prêter des qualités ou des intentions.

Lorsqu’il s’agit de prendre soins de personnes souffrant de psychose, nous aurons à jongler entre ces dimensions.

Nous aurons à veiller à la façon dont nous interprétons les dires, les gestes de l’autre mais aussi à être attentif à la manière dont nos paroles, gestes et attentions sont lus par l’autre.

Que prêtons nous à ces personnes accueillies dans les institutions ? En premier lieu nous leur prêtons notre présence, notre respect, notre écoute, notre parole.

Qu’est-ce qu’une présence et quelle qualité a-t-elle cette présence ? Etre présent, c’est être là en tant que corps. Non seulement un corps comme image qui s’offre comme miroir moïque, mais aussi un corps vivant qui respire et est agité par ses pulsions.

Cette présence ça consiste aussi à réellement prêter attention à l’autre. On peut dire qu’il s’agit d’une présence psychique. Qu’est-ce à dire ? Être là avec l’autre et non « barré » dans un ailleurs, comme peuvent parfois l’être certaines mères dépressives qui ne peuvent porter attention à leur nourrisson et n’ont avec celui-ci que des gestes automatiques. C’est aussi une disposition inconsciente à l’autre, qu’il est difficile de définir. On en prend acte, me semble-t-il, quand il nous arrive par exemple de rêver de certains patients, pour les appeler ainsi, ou quand ils apparaissent au décours d’une conversation. Ils sont présents pour nous, nous habitent.

Il s’agit d’offrir un « être là », une mise à disposition qui se manifeste aussi bien par des paroles, des gestes qu’une écoute. Une façon d’être attentif à l’autre, le moins souvent possible rejetant.

Il s’agit d’accepter l’étrangeté de l’autre dans la façon qu’il a de se présenter et de dire. Si le délire heurte notre raison il n’est pas sans raison, sans logique et à l’entendre, à l’écouter nous nous prêtons.

L’autre ne saurait être objectivé, nous nous prêtons à l’écoute de ses dires mais tout aussi bien à l’accueil de ses inventions ou créations notamment dans les ateliers de médiation.

Ce prêt à l’autre, n’est pas sans avoir quelque rapport avec le transfert. Cependant, le transfert dans la cure et le transfert dans l’espace institutionnel ne se « travaille » pas de manière identique. Toutefois, comme dans la cure il est articulé au désir.

Gaetano Benedetti, dans le petit ouvrage de Patrick Faugeras Rencontre avec Gaetano Benedetti, l’expérience de la psychose, donne quelques points sur la façon dont il pense la psychose et la manière de travailler avec un sujet psychotique. «  (…) il s’agit d’abord de s’intéresser à la forme de présence au monde, souvent original et ingénieuse, de la personne schizophrène, en s’appuyant – et cela est fondamental chez Gaetano Benedetti – sur la position contre-transférentielle du thérapeute plutôt que de s’intéresser à la causalité.ii»

On peut se demander si ce désir, celui du soignant, de l’accueillant, dans un espace institutionnel peut s’assimiler au désir de l’analyse. Le désir de l’analyste est un désir d’analyse, celui de l’accueillant est un temps soit peu différent. Il est difficile de le cerner me semble-t-il, est-ce faute d’un développement de la théorisation de ce côté ou bien de sa variété, sa multiplicité ?

Freud a pu penser qu’il n’était pas possible d’envisager un travail analytique avec ceux que nous appelons aujourd’hui, dans le champ de la psychanalyse, des personnes de structure psychotique.

Dans son Introduction à la psychanalyse, où sont réunies des leçons prononcées en 1916, Freud consacre un chapitre au transfert. On peut lire dans ce chapitre :

«Il (…) est des malades où les conditions étant les mêmes, nos procédés thérapeutiques ne sont jamais couronnés de succès (…). »iii

« Ces malades, paranoïaques, mélancoliques, déments précoces, restent réfractaires au traitement psychanalytique. Quel en est la raison ? Nous sommes en présence d’un fait que nous ne comprenons pas, de sorte que nous sommes tentés de nous demander si nous avons bien compris toutes conditions du succès que nous avons obtenu dans les autres névroses.»iv

Qu’est-ce que Freud nous dit apprendre aussi de la bouche de femmes et de jeunes filles (qu’) «elles, prétendent avoir toujours su qu’elles ne pourrait guérir que par l’amour et avoir eu la certitude, dés le début du traitement que le commerce avec le médecin qui les traitait leur procurerait enfin ce que la vie leur avait refusé.»v (p. 418)

C’est cet espoir qui les a encouragées à l’effort au cour du traitement.

C’est seulement soutenues par cet espoir qu’elles ont facilement compris des choses auxquelles on croit en général difficilement.

On peut lire sous la plume de Freud, «un pareil aveu nous stupéfie et renverse tous calculs».Et un peu plus loin :

«plus en effet notre expérience s’amplifie, et moins nous pouvons nous opposer à cette correction si humiliante pour nos prétentions scientifiques »vi.

La question de l’amour, voilà qui ne saurait être scientifique.

« (…) on est bien obligé d’abandonner l’idée d’un hasard perturbateur et de reconnaître qu’il s’agit d’un phénomène qui présente les rapports les plus étroits avec la nature même de l’état morbide.»vii

Il en est de même pour les patients masculins bien que Freud note que le transfert hostile ou négatif est chez eux plus fréquent.

Ce transfert dont Freud dit qu’il est le ressort le plus solide du travail.Le transfert comme la clé qui permet d’ouvrir les compartiments de la vie psychique.

«Le transfert peut ainsi être comparé à la couche intermédiaire entre l’arbre et l’écorce, couche qui fournit le point de départ à la formation de nouveaux tissus et à l’augmentation d’épaisseur du tronc.»viii

Métaphore qui laisse entendre la dimension spatial, temporaire et donc dynamique et mouvante du processus transférentiel.

Du côté des névroses narcissiques le transfert est problématique, voilà ce qu’il écrit : «L’observation montre que les malades atteints de névrose narcissique ne possèdent pas la faculté de transfert ou n’en présentent que des restes insignifiants. Ils repoussent le médecin, non avec hostilité mais avec indifférence.»ix

Alors, il n’y aurait pas d’amour de transfert pour les structures psychotiques. Nous serions plutôt enclins à penser que le problème se situe du côté de l’objet.

Par ailleurs en 1921, Freud abordera la question du collectif dans Psychologie des masses et analyse du moi : il ouvre son texte par des phrases essentielles.

«L’opposition entre la psychologie individuelle et la psychologie sociale, ou psychologie des foules, qui peut bien à première vue nous paraître très importante, perd beaucoup de son acuité si on l’examine à fond. Certes, la psychologie individuelle a pour objet l’homme isolé et elle cherche à savoir par quelles voies celui-ci tente d’obtenir la satisfaction des motions pulsionnelles, mais, ce faisant, elle n’est que rarement – dans certaines conditions exceptionnelles – en mesure de faire abstraction des relations de cet individu avec les autres. Dans la vie psychique de l’individu pris isolément, l’Autre intervient très régulièrement en tant que modèle, soutien et adversaire, et de ce fait la psychologie individuelle est aussi d’emblée et simultanément, une psychologie sociale, en ce sens élargi mais parfaitement justifié. x»

L’accueil collectif n’est pas la cure et pourtant nous pouvons tenter de lire, d’interroger ce qui se produit dans le collectif. L’interroge-t-on à partir des cures analytiques, celles des patients, celles des soignants, à partir des réunions de supervision, faisons nous une lecture à partir d’autres outils ?

Si l’on met de côté le travail à partir des cures comment penser les liens qui se jouent dans les institutions et les considérer comme thérapeutiques ?

Lors du séminaire que je co-anime, il y a deux ans une participante nous faisait remarquer qu’il y a bien longtemps déjà des congrégations religieuses accueillaient des personnes dites folles ou en difficulté au regard de la norme sociale. D’autre part, une collègue psychiatre de son état faisait remarquer quant à elle, lors d’une réunion de secteur, que l’expérience naissante de Saint-Alban n’avait été que le moyen de mettre au travail des patients afin qu’ils puissent manger.

Ces réflexions ne sont pas à prendre à la légère. Il semble qu’il y ait une difficulté à théoriser les actes qui sont produits dans les espaces de soin et /ou d’accueil, non pas par défaut de réflexion mais plutôt par la pulvérulence de ce qui s’y produit.

Si l’analyste décharite selon un mot de Lacan il n’est pas dans la charité, et si il existe des espaces d’accueil de la folie, il ne saurait non plus s’agir de charité.

Comment avancer sur cette question ? On peut prendre le problème sous l’angle du désir des soignants et des accueillants. Ce n’est pas le désir de l’infirmier en hôpital général ou du chirurgien. Ce désir n’a-t-il pas quelque rapport avec un désir de savoir ? Un savoir relatif à cette énigme en nous-même, cette part d’inconnue qui nous paraît liée à la déraison ? Ne chercherions nous pas chez l’autre, dans sa déraison, quelque réponse ? Ou bien encore ne nous mettrions nous pas en écho avec ces autres, aux fins d’entendre un peu mieux ce réel « en nous » qui nous échappe et nous est tellement étranger ?

On peut également aborder le problème du côté de ce qui se fait dans l’espace d’accueil. Plus précisément de ce qu’y font les différentes personnes qui circulent dans ces lieux ? Il ne s’agit pas tant d’observer, que de lire ce qui peut se passer pour chacun.

En fait pas tant ce qui se passe mais comment ça passe, par où ça passe. Lire tout autant les circulations de tout un chacun et comment elles s’articulent aux soignants. Comment les circulations du corps et de la parole se font dans les espaces spécialement créés pour permettre des actes. Club théâtre ou dessin ou sculpture par exemple.

En quoi ces activités ne relèvent pas de la MJC, quand bien même les activités s’y dérouleraient. Qu’est-ce qui s’écrit comment l’articuler ?

Nos vies sont balisées d’évènements, d’actes, de remémorations, de souvenirs mais aussi d’inscription réelles. Que nous produisions des écrits, des tableaux, des photos, des films ou que nous en soyons les objets nos corps ne cessent de se déplacer.

Notre inscription dans le lien social se fait à travers toutes nos activités, truisme s’il en est. Cependant, c’est bien souvent toutes les activités du quotidien qui sont délaissées par les personnes qui souffrent de troubles psychotiques. Aussi notre travail ne consiste pas à rechercher une insertion ou une réinsertion sociale, quand bien même celles-ci auraient lieu, mais plutôt à espérer de maintenir du sujet chez des êtres, à pacifier leur rapport à eux-mêmes et au monde, à ce que leur souffrance s’atténue.

Par quel détour faut-il passer pour que la personne puisse se servir de l’offre qui lui est faite pour trouver des bords à son corps et à sa pensée ? L’espace n’est pas seulement rassurant, par ses rituels et son organisation, il est habité d’êtres humains qui prêtent. Non seulement le sujet peut y mettre ses pas à la condition de n’être pas seul et abandonné, mais de plus il rencontre des autres qui lui parlent et acceptent ses bizarreries et délires, autrement dit les manifestations de son être.

Patient et soignant sont dans le transfert, embarqués dans le même mouvement ; le réel y ferait-il point d’appui en guise d’objet ? Le transfert serait opérant à la condition que le soignant sache prendre ses distances et que son prêt ne soit que temporaire et que fragmentaire. Qu’il puisse le dire, le redire à d’autres en séance de supervision ou dans d’autres dispositifs.

Ce qui signifie que l’institution a à se construire, voire à se soigner.
Comment les patients font-ils fonctionner l’institution.

Les supervisions, les groupe de parole permettent de repérer comment les patients, un par un, font fonctionner l’institution, comment ils peuvent par exemple produire du conflit, entre soignants ou entre patients ou entre patients et soignants. Il est nécessaire de repérer cela : c’est une mise au travail perpétuel qui a pour objectif de décaler l’acte du soignant par le dire.

Les réunions de groupe de patients peuvent avoir aussi quelques effets ; peut-on en tirer quelques orientations de travail ?

Cependant, cela n’exclut pas un espace de liberté et il ne s’agit pas de contrôle, c’est à dire qu’il ne s’agit pas de saturer les espaces par des analyses incessantes, il y a lieu de laisser aller les « inconscients » et ce que cela suppose de création.

i Petit Robert, ed. 1973.

ii Patrick Faugeras. Rencontre avec Gaetano Benedetti, l’expérience de la psychose. Eres, Réédition, 2011, p. 28.

iii Freud, S. Introduction à la psychanalyse. PBP. 1970, p. 415-416.

ivIbidem.

vIbid. P. 418.

viIbid. P. 419.

viiIbid.

viiiIbid. P. 421.

ixIbid. P. 424.

xFreud, S. Essais de psychanalyse. Psychologie des foules et analyse du moi. PBP. 1981. P. 123.