Séance du 24 mars 2011

21 h

INVITE

Claude SAHEL

psychanalyste

Séminaire animé par Françoise L MEYER et Pierre GORCE


Clinique et politique : l’articulation des deux signifiants peut aujourd’hui renvoyer à la problématique qu’introduisit dans les années 1950 la Psychothérapie institutionnelle dans le champ du traitement des psychoses, ou, ce qui signifie la même chose, dans la politique de la folie.

Les psychiatres en colère contre la politique sécuritaire de l’État fort, pour sympathique que soit leur bruyant et légitime soulèvement, le rire souverain de Foucault, de qui pourtant ils semblent se réclamer, l’eût couvert de son tranquille vacarme. —Quoi ? Ces cliniciens indignés, et certifiés néanmoins, ignorent-ils encore que la discipline qu’ils ont choisie n’a jamais eu d’autre fin que la répression par tous les moyens de la violence illégitime, dont la folie est l’un des noms éminents ?

La psychiatrie ne soigne pas les fous, elle ne les « sert » pas (thérapein = “servir“), elle est plutôt serve de l’ordre, du pouvoir, de la Loi qui a la force. Car la médecine, dont la psychiatrie est une partie, ne soigne pas plus les malades qu’elle ne les guérit ; elle répare les travailleurs. Propositions banales en temps de rentabilité, de rendement, de résultats quantifiables : en 68, elles étaient écrites sur tous les murs.

Le recours à la psychanalyse, qui semble opportun comme stratégie de lutte, n’en fait pas pour autant une panacée. La psychanalyse freudienne, qui s’inaugure d’une dissidence d’avec la médecine (cf. la Laieanalyse) ne perd-elle pas son esprit à accepter « d’épauler » la psychiatrie ? Ou, par un autre bout, à se soumettre au contrôle de l’État ?

C’est sur fond de désastre planifié qu’il faut mesurer l’amplitude des efforts apparemment minuscules que les praticiens en révolte contre leur condition de chiens de garde accomplissent en appelant le secours des techniques issues de la Psychothérapie institutionnelle et de l’écoute psychanalytique. Ces praticiens retrouvent ainsi l’inspiration iconoclaste des commencements politiques de la Psychothérapie institutionnelle, et découvrent les potentialités du “transfert institutionnel“ : lorsqu’ils s’en donnent, de haute lutte, la possibilité.

Ici comme là, il s’agit d’arpenter les débordements de la marchandisation mondialisée, dans la pratique idéologique du “soin“, de l’adaptation, du consensus, c’est-à-dire du consentement à la servitude.

Claude Sahel.

FIAP

Jean Monnet

30, rue Cabanis

75014 PARIS

 

PARTICIPATION AUX FRAIS DE LOCATION DE SALLE

5 €uro

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