Allez-vous rhabiller !

 

Aujourd’hui je sors pantoise de mon entrevue avec le représentant du comité. Les animaux sont malades de la peste, le débat est animé : il faut exclure qui a apporté la maladie. L’histoire ne se passe pas en Amérique en 1913. Ratatouille a envahi les écrans mais le cru français ne figurera pas sur la bouteille servie dans le grand restaurant, cela pourrait encourager la consommation d’un nectar nuisant gravement à la santé. Cette santé, qui pour certain est devenue symbole de l’emprisonnement, les politiques se sont mis à s’intéresser à elle jusqu’au fait de faire payer ceux qui la perdrait, s’agirait-il des les punir ? Mais si certains rats animés nous sont malgré tout fort sympathiques, certaines créatures entant nos villes empapaoutées le sont moins.  Celles-ci s’affichent à la couverture des magazines dits féminins au titre de l’habillage ou du déshabillage, non pas érotique celui-là, mais obscène.  La fringue, dite shmates pour certains, circule rue du sentier ou boulevard Voltaire, du shtetl à la Chine nouvelle de Paris, elle trace la vie urbaine, loin de la nécessité des campagnes où sens pratique et confort sont de mise. Appartenant à l’histoire des civilisations elle permet de beaucoup en dire à qui s’y intéresse vraiment. Elle permet à d’autres de gagner beaucoup de dollar ou d’€uro, parfois de beaucoup en perdre. Elle n’est pas que simple artifice et ne vouloir en parler que dans le reflet d’un narcissisme exacerbé d’une, voire de deux n’est que le signe du scintillement, non seulement de l’ignorance, mais de l’attrait de l’appât, celui du gain bien sûr. Pas d’autre objet ici que celui du discours du mercantilisme qui n’a de foi que de faire bruit et parade, de celle qui sert à se mirer dans la fange de la trahison.

La peste n’atteint pas les boutiquières, les rats de bibliothèques restent seuls à se délecter des belles pages freudiennes et  de leurs consœurs. Ces rats-là ne sont pas morts, pestiférés pour l’heure, encore une fois, mais leur besogne portera ses fruits encore et toujours. Ils ne se risquent pas trop à sortir, la chasse étant ouverte par le KKS clan.  Le kest-ce ke sait ? Clan redoutable de l’obturation des pensées inconscientes, de celles qui tentent de circuler librement. Mais la liberté n’est pas de mise et surtout pas de chemise, quant au Pantalon il est sur la scène avec Monsieur Molière. Faisons avec Monsieur Jourdain de la prose et avec Argan marions nos filles pour se faire soigner à moindre frais. La comédie est belle mais la réalité est bien plus triste qui laisse les pauvres hères à leur misère face au consumérisme sans faille.  Les faux K et les beaux sourires entre Italie et France nous rappellent combien le chemin de l’éthique est difficile et combien la vérité, pas toute bonne à dire, à entendre comme on veut, doit se frayer un passage entre les images publicitaires, qui la recouvrent et les résonnances (raison-nances) qui l’assourdissent. Cela n’est pas sans prix, mais cela vaut mieux que le prix unique de la pensée captive d’une représentation de pacotille qui ne sait pas, que l’absence est le premier pas vers le symbolique. Autrement dit à vouloir être sur toutes les scènes, on n’est jamais qu’une présence obturante qui fait perdre tout éclat à l’objet qui pourrait être celui d’un désir qui pour l’heure ne peut s’avouer. Ainsi qu’on aille se rat briller un peu à l’étoffe de l’inconscient, histoire de savoir que l’envers n’est pas comme l’endroit et que la couture n’est pas chose facile. Si le « faux filage » permet de tenir ensemble, il n’a qu’un temps et à ne pas entendre cela on ne fait jamais que  de la  « con-infection » destinée à la poubelle  qui accueille déjà les reliefs d’une grande bouffe de masse où toute saveur a été remplacée par le coût.

Le bouillon de la Rate.

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