voix voix voix voix
 
séminaire de psychanalyse
 
 
2006-2007
premier mercredi du mois
 
 
l’opéra, un art de la scène…
 

Ecole de Psychanalyse Sigmund Freud

Séminaire 2006 2007

De Françoise Meyer

psychanalyste 

L’opéra, un art de la scène

 

7 Mars 2007

Ce séminaire a pour objectif de travailler autour de la voix et du corps. Mon cheminement se fera essentiellement à partir de livrets d’opéra. L’art lyrique sous ses aspects de divertissement n’est pas sans permettre d’interroger certains modes de jouissance. Si la voix est au centre de cet art ce n’est pas sans le livret ni sans le dispositif scénique. Autrement dit j’essaierai de montrer l’importance pour certaines œuvres de la scène, en quoi elle permet par exemple la mise en tension entre voix et image, entre voix et corps. Tel sera le cas pour  Salomé, opéra de Richard Strauss. Compositeur sous la plume duquel on peut lire dans ses souvenirs : « La lutte entre la parole et le son a été dés le début le grand problème de ma vie et s’est terminé dans Capriccio par un point d’interrogation.[1]» Je poursuivrai, dans la même veine par Elektra.

 

♪♫

Parler d’opéra quand on veut mettre au travail la théorie analytique peut paraître participer de la bagatelle. Y aurait-il, cependant, une bonne voie (voix) d’entrée dans le questionnement ? Freud nous a montré comment son intérêt pour le théâtre et la littérature lui a permis d’avancer dans ses recherches. Sophocle lui permet de conceptualiser l’Oedipe, Jensen, Goethe, Shakespeare, Spitteler sont loin d’être négligeables pour asseoir sa théorisation. Si tout d’abord la fiction sert de point d’appui pour montrer la pertinence des points de vue de la psychanalyse, le créateur littéraire devançant le médecin, elle devient source d’exploitation  pour le psychanalyste.

 L’opéra est ici un « prétexte», une porte d’entrée, pour mettre au travail le rapport du sujet avec son objet. L’œuvre peut s’appréhender comme un bout de fantasme qui articule spécifiquement la pulsion scopique et la pulsion invoquante. Un bout de fantasme qui, du fait de la représentation scénique, met imaginairement en partage la jouissance d’un objet, dans un espace sonore et visuel commun.

L’amateur d’opéra ne construit-il pas au fur et à mesure des représentations auxquelles il assiste un objet qui n’est pas sans relation avec ses premiers contacts avec la voix de l’Autre ? Cette addiction à l’art lyrique n’est certainement pas sans lien avec l’objet hors sens tel que l’a connu l’infans. Nous mettre sur les pas du « lyricomane » est ainsi une voie d’accès à une interrogation sur le rapport (et non rapport) entre objet et signifiant. L’amateur, à partir d’un objet artistique, ne construit-il les contours de l’objet perdu ?

Cette voix de l’Autre que perçoit l’infans, comment peut-il la filtrer à son gré du fait que l’oreille n’a pas de fermeture mécanique ? Quelle dispositif psychique est mis en jeu afin d’accepter, de refuser voire de rejeter tout ou partie de cette voix de l’Autre ? La clinique de l’autisme et des psychoses ne peut-elle nous aider à appréhender le rapport du sujet à la voix de l’Autre ?

L’«envahissement » de notre monde moderne par le sonore sous forme de « musique » (diffusée par des Ipod, Mp3 ou bien d’autres appareils) et de bruit n’est-il pas à interroger comme cause et comme conséquence d’un rapport modifié du sujet au monde ? Ainsi l’examen de l’écart entre esthétique et remplissage  dans le lien social ne peut-il nous permettre une mise au travail sur la question du sujet ? L’omniprésence du sonore dans nos sociétés, qu’il s’agisse du bruit de la ville par exemple, du bruit de l’usine, de la musique diffusée dans les lieux publics, ne constitue-t-il pas un paravent à l’écoute pour chacun de sa « musique » intime ? Et dans le même mouvement la démultiplication des sons ne produit-elle pas une difficulté pour tout sujet de construire son intime objet sonore ?

Mettre au travail l’objet « voix » c’est aussi revisiter la question du surmoi partagé entre son effet civilisateur et son effet tyrannique et destructeur. 

J’aborderai pas à pas et avec modestie les différentes questions évoquées en comptant sur la participation active des assistants  à ce séminaire de recherche.

Lors de la séance du 4 octobre j’ai travaillé le rapport entre verbe et corps à partir de l’opéra de Richard Strauss, Salomé, le 06 décembre 2006, j’aborderai, du même compositeur, Elektra. Je tenterai de montrer, encore une fois à partir du livret, le rapport de l’héroïne à la jouissance au moment où elle abandonne la voix.

Les séances auront lieu les premiers mercredis du mois, en dehors des vacances scolaires parisiennes, de 21 h à 23 h.  

2007 : 07 mars, 04 avril, 02 mai, 06 juin.  

 

FIAP 

30, rue Cabanis

75 014 Paris (01 4313 1700)

 http://epsf.fr

Françoise Meyer est attachée au Centre de Rencontre du festival d’Ambronay 

Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay – Festival de musique baroque d’Ambronay



[1]  Anecdotes et souvenirs, édition du Cervin. Lausanne. Cité par Philippe Godefroid dans l’Avant-Scène Opéra  n° 47-48. Page 20.

Publicités